MON BILLET DU JOUR : ALERTE, ALERTE… LE MONDE DE L’OPERA EST EN CRISE !
"Alerte, alerte" hurle Méphistophélès dans le "Faust" de Charles Gounod.
Ces deux mots successifs illustrent parfaitement le drame qui se joue dans les coulisses de nos maisons d'opéra !Depuis quelques années et, surtout, depuis plusieurs mois, je clame « haut et fort » à qui veut bien l’entendre que le monde de l’opéra est en crise !
Sans même évoquer les subventions dont les baisses sensibles posent d’énormes problèmes aux directeurs de nos salles lyriques, la pénurie des chanteurs et notamment des ténors devient un problème crucial !
Il y a aujourd’hui, sur notre planète Terre, qu'une petite dizaine d’excellents ténors étrangers.
Les français brillent par leur absence.De ce fait, des scènes comme le MET de New-York, le Covent-Garden de Londres, l’Opéra de Vienne… pour n’en citer que trois parmi d’autres, sont contraintes d'engager des ténors de série « B » que certains s’évertuent encore à nous présenter comme des stars afin de remplir les salles ou de vastes hémicycles.
Il n’y a plus de vraies personnalités hormis quelques chanteurs d’exception !
Par ailleurs, comme chez les sportifs, le « dopage » semble sévir de plus en plus.
J’ai accueilli, une fois, une mezzo que son mari – un médecin connu dans la région PACA – avait probablement dopée au maximum. De ce fait, la voix était phénoménale. Quelques jours plus tard, c’est une voix éteinte qui se présentait à moi.
Autant vous dire que j’ai immédiatement congédié cette artiste !Les opéras de Verdi et Puccini qui font pourtant les meilleures recettes seront bientôt impossibles à réaliser. Nous n’avons plus aucun ténor pour ce type de répertoire hormis Jonas Kaufmann, Marcelo Alvarez, Piotr Becazla, Vittorio Grigolo, Fabio Sartori, José Cura…
A cause de cette pénurie, certains ténors – inconscients, mal conseillés, au QI déficient ou manquant totalement de lucidité - vont oser affronter des rôles hors de leur morphologie vocale.
Réjouissons nous, cependant, car les vrais lyricophiles ne seront pas au rendez-vous lors de ces pseudo festivités lyriques.
Ils laisseront volontiers leurs places à des spectateurs qui se laisseront facilement berner par des publicités tapageuses pour ne pas dire usurpatrices.Ces mêmes pauvres spectateurs à qui l’on fait prendre, souvent, des vessies pour des lanternes !
En attendant, l’opéra se meurt !
La mezzo-soprano bulgare Vesselina Kasarova (*) n’hésite pas à critiquer ouvertement le milieu de l’opéra ! Enfin, une artiste de renommée internationale qui ose parler sans cette maudite langue de bois…
(*) J’ai souvent invité Vesselina lorsque je dirigeais le Festival International de Montreux.
A cette époque : elle était au plus haut sommet de sa carrière artistique avec une voix richement cuivrée qui dispensait également de très beaux reflets argentés ainsi que d'impalpables "pianissimi" !
Son interprétation du «Requiem» de Verdi et du "Stabat Mater" de Rossini avait bouleversé la salle entière.
LA MEZZO BULGARE VESSELINA KASAVORA CRITIQUE LE MILIEU DE L'OPERA !
(site Internet de France Musique)« Parfois, quand je pense à tout ce que je fais pour ma voix, je crois que je ne veux pas aller plus loin».
Vesselina Kazarova a confié son amertume à la presse viennoise.
«Après 10 ans sur scène, la plupart des chanteurs développent des rhumes et de multiples symptômes, parce que nous respirons dans la saleté et la poussière des théâtres ».
Vesselina Kasarova évoque les problèmes que rencontrent beaucoup de chanteuses et ne cache pas qu’elles sont nombreuses à prendre de la cortisone, des stéroïdes allant parfois jusqu’à la chirurgie comme Deborah Voigt qui a subi un pontage gastrique pour perdre 50 kilos lors de la production d’Ariane à Naxos de Londres en 2004.«Les solistes prennent des bêtabloquants pour contrôler leur angoisse, certains ténors prennent de la cortisone pour pousser leur voix »
Il Barbiere di Siviglia de Rossini / Vesselina Kasarova, mezzo-soprano
La Favorite de Donizetti / Vesselina Kasarova, mezzo-soprano / Dresde, 1994
La Clemenza di Tito de Mozart / Vesselina Kasarova, mezzo-soprano (Sesto) / Direction musicale Nikolaus Harnoncourt
Mélodies populaires bulgares / Vesselina Kasarova, mezzo-soprano
DEFIER LE CANCER ET MIEUX APPRÉHENDER LA CHIMIOTHERAPIE !
( Chapitre n° 8 )"
La vie c'est un livre qu'on aime, c'est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu'on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison."
Jean Anouilh ("Antigone", 1944)Pour aider les personnes atteintes d’un cancer, des psychologues sont désignées pour leur venir en aide.
Elles permettent aux patients concernés de s’exprimer, de parler ouvertement de leur maladie, d’exprimer leur angoisse comme leur espoir…
Elles permettent aussi de mieux préparer l’avenir quelles que soient les conséquences liées au développement ou de la régression de la maladie.
En ce qui me concerne, je bénéficie de l’aide et du soutien de Julie qui travaille dans l’équipe du Docteur Gilles Catimel et de Patricia qui collabore directement avec l’Hospitalisation à Domicile (HAD 74).
Les malades ne doivent pas se sentir diminuer en faisant appel à ces personnes spécialisées. Ils doivent penser, avant-tout, que c'est pour leur bien que ces psychologues agissent !
Toutes ces aides sont autant utiles que bénéfiques !
En conclusion : ne pas hésiter à utiliser tous les moyens mis à votre disposition par le corps médical pour mieux tenir tête aux cellules cancéreuses !
Celles-ci doivent se rendre compte que vous ne fléchissez pas et que vous allez les combattre jusqu'à votre dernier souffle de vie.
Dès que j'ai su que j'étais malade, j'ai pris immédiatement la décision de ne pas leur laisser le champ libre !
Grâce à mon oncologue et à ses équipes, j'essaie de leur mener la vie dure et de ne pas les laisser envahir mon corps !
LES GRANDS REALISATEURS !
AUJOURD'HUI : CLAUDE AUTANT-LARA (1901-2000)J'ai une véritable passion pour les films en noir et blanc réalisés par des metteurs en scène dont les films sont devenus, au fil des ans, les oeuvres incontournables de nos cinémathèques.
Je viens de faire l'acquisition de la réédition (DVD) du "Blé en Herbe" de Claude Autant-Lara d'après le roman de Colette.
Un film d'une extraordinaire fraîcheur que je recommande à tous ceux qui aiment - sans être spécifiquement nostalgiques - un cinéma de qualité où les scènes sordides, obscènes et violentes sont exclues.
Le Blé en Herbe (1954), film de Claude Autant-Lara avec Edwige Feuillère, Nicole Berger, Pierre-Michel Beck
LES COMMENTAIRES D'UN FIDELE LECTEUR !
Bravo cher Christian pour nous rappeler à travers votre carrière les noms prestigieux et les voix merveilleuses de Sara MINGARDO, Vasselina KASAROVA et Maïté BEAUMONT !
Continuez à nous enchanter et à nous conter des anecdotes qui nous ravissent, quant au monde de l'Opéra et, pour moi aux salaires extravagants dispensés au nom de TOUS à des "metteurs en scène" délirants et très souvent frustrés de ne pas être de véritables Créateurs, ils risquent de tout simplement d'aider par ces temps de crise à tuer L'ART qu'ils doivent SERVIR et non utiliser pour leur propre ego !
Amicalement !
Jean-François Deluol, artiste-peintre (Paris)
