MON BILLET DU JOUR : « DIAPASON » OU «CLASSICA» ?

Dans un contexte difficile (crise économique et un public en régression, contrairement aux dires de certains), nos deux revues musicales françaises doivent se battre - jour après jour - pour subsister !

Il est vrai que le réseau « Internet » semble avoir porté une sorte de « coup fatal » à de tels mensuels !

Force est de constater aussi que les articles sont souvent trop longs et, parfois, trop techniques. Ils ne peuvent intéresser – a priori – que leurs auteurs ou des mélomanes avertis !

On nous inflige également des interviews d’artistes aussi inintéressantes que soporifiques…
Dans ce domaine, la revue « Diapason » (*) semble tenir le haut du pavé !

Après avoir offert la « une » à notre soprano nationale (la plus médiocre « Traviata » qu’il m’ait été donné d’entendre en 37 ans de carrière), c’est au tour, à présent, de notre ténor national de paraître dans toute sa splendeur !

Pourtant, en 2009, sur l'immense scène du Théâtre Antique d’Orange, son Turridu (Cavalleria Rusticana) et son Canio (I Pagliacci) avaient mis cruellement en évidence certaines difficulté vocales... Quand est-il à présent ?

Des questions qui rendraient les revues plus attrayantes, plus humaines et plus proches de leurs lecteurs !

En ce qui concerne Miss Dessay, on a pu également lire - çà et là - son intention de bientôt quitter la scène !
Voilà une sage, raisonnable et lucide décision que d’autres artistes auraient le plus grand intérêt à cogiter et à suivre…

Pour en revenir aux revues musicales chères à nos cœurs :
« Diapason » semble avoir fait le choix d'une certaine forme de « populisme ».

Avec des artistes très médiatisés - ce qui ne veut pas dire qu'ils soient les meilleurs - les ventes vont probablement progresser.
N'était-ce pas le but rechercher ? Il faut bien vivre, n'est-ce pas !

Par contre, la revue « Classica » continue de proposer une ligne artistique directrice qui semble être bien définie ou mieux affirmée.
Les articles sont, dans l’ensemble, moins « pompeux » (ou moins « prétentieux » comme je l’ai entendu dire) que sa concurrente directe.
Ils sont ainsi accessibles au plus grand nombre. N’était-ce pas également ce que les lecteurs recherchent ?

N’oublions pas, aussi, que la survie de la musique classique passe par sa démocratisation sans céder, pour autant, à la démagogie et à la facilité !

En conclusion : je vais désormais sagement laisser, sur les rayons de nos sympathiques marchands de journaux, les rares exemplaires de la revue « Diapason » mais je ne vais continuer à acheter et à lire la revue "Classica" !

(*) J’ai d’excellents amis – dont j’apprécie les écrits et la loyauté- au sein de la revue « Diapason ». Il m’a semblé être, cependant, de mon devoir – à la modeste place que j’occupe – de leur faire part de mes impressions !

A noter : lorsque des artistes s’exposent, à la « UNE » de certains médias, ils ne peuvent pas échapper aux critiques : bonnes ou mauvaises…
N’était-ce pas, en quelque sorte, la règle du jeu ?

I Pagliacci de Leoncavallo / Placido Domingo, Canio / Los Angeles, 1994
Une belle très leçon de déclamation lyrique mais n’est pas Placido Domingo qui veut... n'est-ce pas !

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"CLASSICA" ET GLENN GOULD !

Le numéro du mois de septembre de « Classica », offre en prime, un CD consacré à « Gould joue Brahms ». Un enchantement pour les oreilles mais aussi pour tous ceux qui recherchent une certaine originalité au niveau de l’interprétation !

Glenn Gould (1932-1982) portrait d’un génie-

Aria, BWV 828 de Bach / Glenn Gould, piano

J’ai toujours considéré qu’un musicien qui faisait corps avec son instrument en chantant avec lui - aussi intimement, soit-il - était un artiste au-dessus de tous les autres !
J’ai souvent dit et répété à des musiciens : mes chers amis, il vous faut respirer comme les chanteurs et vous verrez que vous jouerez beaucoup mieux après... La musique instrumentale doit être identique à celle de la voix, elle doit s’épanouir grâce à cette respiration naturelle sans laquelle aucun être ne peut vivre !

Christian Chorier