HARO SUR LE FESTIVAL D'AIX-EN-PROVENCE

Le Festival International d’Aix-en-Provence, serait-il devenu - au fil des ans - le rendez-vous incontournable des riches, de ceux qui ont besoin d'être vus pour exister, des snobs et des bobos ?

A lire certains articles dans les médias ou sur Internet, on serait vraiment tenté de le penser !

Qui a osé dire que l’Opéra était, de nos jours, un art « populaire » ?
Probablement une personne, peu avisée, qui ne devait pas connaître le sens étymologique de ce terme !

Que du beaux monde pour la « Première » de La Traviata à Aix-en-Provence.
Toute l’intelligentsia française, tous les snobs et bobos parisiens étaient présents… mais où étaient donc les autres : en premier lieu, les aixois (hormis les personnalités de la ville, du département et de la région) mais aussi les employés, les ouvriers, les agriculteurs, les petits, les obscurs et les sans-grades ?

Où étaient tous nos jeunes ? Combien d’étudiants étaient présents dans la cour de l’archevêché ?

Le beau monde de cette "première" s’est retrouvé à l’entracte - diplomatie et standing obligent - autour d’une coupe de champagne !

Question : Qu’est-ce que ce "beau monde" aura retenu d’une telle soirée ?

On peut supposer qu’il se sera probablement, fort ennuyé au deuxième acte – ou qu’il aura baillé, comme j’ai déjà pu le lire sur d’autres blogs - mais il se sera extasié, semble-t-il, à l'écoute d'une diva qui ne démérite pas sans avoir, pour autant, le matériau vocal nécessaire pour incarner un tel rôle !

Sa prestation vocale est bien pâle, si j'ose dire - le seul point pouvant être considéré, éventuellement, comme positif puisque l' héroïne (*) d'Alexandre Dumas, meurt de phtisie - et sa ligne de chant semble, hélas, déjà fort compromise...

Notre diva nationale a voulu se faire plaisir - comment le lui reprocher - mais elle a pris ainsi le risque de se retrouver, très vite, face à de nouveaux et sérieux problèmes vocaux... N'est pas Maria Callas qui veut !

D’autres sopranos, moins médiatisées, la surclassent aisément dans le rôle de cette courtisane mondaine !

Ce personnage ne s’improvise pas. Il faut le vivre de l’intérieur comme se plaisait également à dire la divine Maria Callas !

Par ailleurs : en consultant, dès sa parution, le programme d’Aix, les professionnels et ceux qui savent prendre du recul – sans se laisser berner ou illusionner - savaient que Ludovic Tezier serait le seul à tirer son épingle du jeu et qu’il serait également le seul à mériter des ovations, n’en déplaise aux fans de notre soprano nationale !

Quant aux autres artistes de cette production, on peut en entendre, de bien meilleurs de Munich à Salzburg en passant par Glyndeboure, du Staatsoper de Vienne au le Royal Opera House Covent-Garden de Londres en passant par la Scala de Milan ou l’Opernhaus de Zurich.

Que l’on ne nous dise plus que ce Festival d’Aix est le plus important de France dans le domaine de l’art lyrique, nous passerions, inévitablement, pour des « rigolos » aux yeux des pays étrangers. Vous avez bien lu, je n’ai pas écrit : « Rigoletto » !

Par contre, ce qui est vrai et publiquement reconnu :
Ce festival est doté d’un budget financier phénoménal destiné à favoriser l’accès, a priori, des spectateurs les plus fortunés.

L’expression « on ne prête qu’aux riches », semble trouver à Aix sa véritable justification !

Chercher donc l’erreur ?

A noter : à l’heure où l’on demande aux collectivités de faire de sérieuses économies, le cas d’Aix-en-Provence pourrait bien être, en reprenant le titre du film de Vincente Minelli : « Celui par qui le scandale arrive » !

(*) "La Traviata" de Verdi est tiré du roman "La Dame aux Camélias" d'Alexandre Dumas.

Par qui le scandale arrive (1960), film de Vincente Minelli / Robert Mitchum & Eleanor Parker

La Traviata de Giuseppe Verdi / Patrizia Ciofi, Violetta
Patrizia interprétera, à la fin de ce mois de juillet et au début d'août, le rôle de Gilda (Rigoletto de Verdi) au Théâtre Antique d'Orange. On évitera Aix- par la force des choses - mais on ira applaudir cette merveilleuse artiste devant le plus beau mur de France !

La Traviata de Giuseppe Verdi / Mariella Devia, Violetta

J’ai eu l’immense plaisir de mettre en scène Mariella Devia dans « Lucia di Lammermoor » de Donizetti et d’inviter, à plusieurs reprises, Patrizia Ciofi à Poissy et à Montreux. Deux artistes d’exception et deux très grandes « Traviata » !

LUDOVIC TEZIER, LE GRAND TRIOMPHATEUR DU FESTIVAL D'AIX-EN-PROVENCE !


Tous ceux qui connaissent parfaitement les voix et le monde de l'opéra constateront, avec joie et plaisir, que le grand triomphateur de cette "Traviata" de Verdi - actuellement à l'affiche à Aix - et notre baryton français Ludovic Tézier.
Pour son interprétation du rôle de Germont, se rendre dans la cité aixoise, mérite le détour à la condition d'avoir un très confortable compte en banque en raison du tarif prohibitif des places !

Carmen de Georges Bizet / Ludovic Tezier, Escamillo / Festival de Baden-Baden
On a le plaisir de retrouver avec Ludovic Tezier, la belle santé vocale des Robert Massard, Ernest Blanc, Gabriel Bacquier et de quelques autres de la période de l'âge d'or du chant français !

MARIA CALLAS & RAINA KABAIVANSKA, DEUX EBLOUISSANTES "TRAVIATA" !

On ne peut pas évoquer « La Traviata » sans penser à la divine Maria Callas. Une interprétation légendaire et une leçon pour les jeunes générations !

La Traviata de Verdi / Maria Callas, Violetta, Alfredo Kraus, Alfredo, Mario Sereni, Germont père / Lisbonne, 1958

La Traviata de Verdi / Raina Kabaivanska, Violetta / 1979 (enregistrement audio)

Je n’ai pas eu la chance d’entendre « La Traviata » de Maria Callas, en direct, dans une salle d’opéra mais, par contre, j’ai entendu Raina Kabaivanska dans ce rôle dans le fantastique cadre du "Sferisterio" de Macerata.
Un moment inoubliable face à un public ému aux larmes !

Quelques années plus tard, j’ai eu le bonheur d’inviter, en récital, Raina Kabaivanska à la Maison de la Culture de Chelles en Seine-et-Marne.